J’aimerai que le projet civimove trouve un domaine d’application plus précis.
En effet je trouve que lui donner un champ aussi large peut disperser son efficacité du fait que les idées peuvent être si éloignées des une des autres que les personnes ne pourront plus se retrouver dans celle-ci. Les préoccupations et les idées ne sont pas toujours une référence commune d’une culture à une autre.
Pour cela j’aimerai lancer l’idée de faire des micros application de civimove pour lui donner le temps de mûrir, mais aussi donner le temps que d’autres personnes puissent contribuées à son développement au fur et a mesure de son utilisation, il n’y a rien de plus efficace qu’un développement de projets collectifs.
L’idée et de rendre civimove exploitable dans des établissements scolaire pour qu’il puisse être capable d’aider a faire une analyse de l’état dans lequel se trouve les relations entre élèves-élèves et profs-élèves.
Petite explication du nouveau système :
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Demande de l'ouverture d'un compte civimove par e-mail ou par courrier postal. Civimove s'engage à vérifier que ces établissements existent et que c'est bien un membre de l'établissement qui a fait la demande du compte.
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Chaque établissement aura un administrateur du site. Sa tâche serait de créer les comptes des élèves, login et mot de passe ainsi que d'être l'intermédiaire avec un administrateur du site Web civimove.
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Élèves, professeurs ainsi que la direction auront leur Login pour une bonne représentation de l'établissement
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l'anonymat est total le jugement pour les dérapages dus aux propos tenus sur le site ne devront jamais aboutir à des sanctions pour la bonne raison que l'autorégulation des censures est automatique grâce au vote.
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Le contenu des idées et des votes pourra servir comme support à des débats sur l'état de la classe de l'établissement est peut-être pour améliorer les choses.
- Les membres pourront être actifs de n'importe quel poste Internet.
Pourquoi cela peut marcher ?
je peux comprendre que beaucoup de personnes me répondront que cela va déraper, que les règlements de comptes entre élèves passeront par ce site.
L'anonymat et une grande force dans la démocratie « vote », si il y aura dérapages pour ce site, pourquoi ne voit-on pas plus d'élèves écrire des messages provocateurs sur les tableaux de classe et signer leur nom ?non car l'anonymat ne donne pas la même motivation dans un groupe. Aucun caïd ni perturbateur n'aura intérêt à utiliser le site civimove pour jouer au pitre. Si il signe de son nom ça ne sera pas très intelligent et si il tient à transmettre tout de même un message il n'aura pas d'intérêt du fait qu'il restera anonyme donc rien à gagner.
Je pense vraiment que ce support de communication permettra à toutes les personnes d'être entendu des plus timides au plus bavard peut-être même de partager des visions du monde qui ne peuvent que faire évoluer les élèves. Le regard des autres et le jugement disparaît totalement avec ce système.
La partie sensibilisation à la démocratie à une grande part dans ce projet, faire comprendre à cet âge qu'un vote s'est une action de civisme, c'est déjà une bonne chose
Les professeurs ont un intérêt réel, ils peuvent connaître les critiques que les élèves peuvent avoir à leur sujet et ainsi développé une pédagogie plus efficaceL'idée de politique a-t-elle encore un sens ? Par Joël Figari
L' idée de politique a-t-elle encore un sens ? "La Politique" évoque aujourd'hui tout un monde, celui du pouvoir de décider, de légiférer et d'agir avec efficacité sur les affaires sociales, économiques et culturelles concernant la collectivité. Généralement (cela est-il vrai de tout pays, à toute époque? ), les individus préfèrent rester à l'écart de ce monde et de ce "pouvoir", même quand celui-ci préférerait que, d'individus isolés, ils deviennent citoyens actifs. Mais la mauvaise foi se laisse trop souvent deviner chez les "politiciens", qui appellent "citoyens actifs" ceux qu'ils considèrent en fait comme des sujets passifs (et parfois même, obéissants). Cette méprise de vocabulaire révèle un mépris des individus. Mais ceux-ci, restant fiers de leur individualité, n'ont pas encore perdu tout jugement. Si leur souveraineté n'est plus celle d'un citoyen - car on peut douter que les peuples soient souverains, même dans les pays se disant démocratiques - il leur reste cependant une souveraineté d'individus: celle de juger. Aussi la politique est-elle passée au crible et jugée. Le mode d'action des politiciens est jugé dans sa procédure même : ces techniciens de la loi et de la décision, quels sont leurs moyens, leurs procédés, leurs buts ? La politique n'est plus conçue comme une simple idée (l'idéal monarchiste, libéral, socialiste, révolutionnaire, etc.), mais comme un acte qui comporte une procédure, une technique et des procédés - C'est la "politique politicienne" : cet apparent pléonasme exprime en fait, par le redoublement de l'adjectif, l'aspect technicien de la politique - le politicien "faisant de la politique". Les moyens et les buts de cette action étant souvent malhonnêtes ou de mauvaise foi, le qualificatif "politicien" devient facilement péjoratif De même, la notion de " politique " est alors conçue en mauvaise part, comme le domaine des actions malhonnêtes, des lois et décisions contraires à l'intérêt de la collectivité. Paradoxalement, la politique se trouve ainsi opposée à la collectivité, alors que depuis Aristote (Politique, 1, 1), on la considérait justement comme l'expression même de l'intérêt commun de la cité (polis, ). Dès lors, il devient impossible également de considérer comme Aristote que tout homme est un "animal politique". Aujourd'hui, on dirait plutôt, en effet, que certains hommes sont des animaux politiques, -traduisons : des bêtes assoiffées de pouvoir, car le mot politique a perdu sa noble connotation de "bien public". Pour Aristote, ces personnes incapables de rechercher le bien commun seraient en fait dégradées en dessous même de l'humanité, et par cette chute elles sortiraient du domaine de la politique, qui est la vraie nature de l'homme (ibidem, 1,2,1253a). Mais aujourd'hui, la dégradation n'est plus une chute hors du politique, elle est une chute dans le politique. Dans le domaine même de la vie collective, l'exercice du pouvoir politique se détourne de l'intérêt commun vers des intérêts privés, au détriment de la cité toute entière. La loi est souvent le lieu où se manifeste le plus gravement ce détournement, qu'il s'agisse de la toi écrite ou de celle qui agit dans l'ombre. On rejoint ici Platon, qui évoquait des législateurs malhonnêtes, auxquels on assimilerait volontiers bon nombre de politiciens actuels : "Ce ne sont pas véritablement des lois, celles qui n'ont pas été instituées en vue de l'intérêt commun de la cité toute entière ; mais, quand elles l'ont été en vue de l'intérêt de quelques-uns, ces gens-là sont des factieux et non point des citoyens" (Les Lois, IV, 715 b). Légiférer et agir en vue de la cité toute entière reste en effet une exigence pour la politique. C'est le but que tout politicien doit observer, s'il. ne veut pas être accusé d'une politique "politicienne", préoccupée des moyens de réussir d'une faction isolée (le parti politique, par exemple), au lieu d'être préoccupée du bien de la communauté. Cette coupure entre les préoccupations du politicien et celles de la communauté fait virer les démocraties (pouvoir du peuple) à l'oligarchie (pouvoir d'une faction' généralement aisée : ploutocratie), voire à la tyrannie (pouvoir arbitraire et violent' pouvant être lié à une supériorité de force ou de moyens économiques). Elle fournit aux idéologies bonapartistes, fascistes et nazies le vieil argument de la coupure entre "peuple légal" et "peuple réel" : puisque la loi démocratique n'exprime plus la volonté réelle du peuple, supprimons la démocratie et rétablissons la monarchie, le fascisme, le nazisme ou le stalinisme - bref, toutes les formes de l'autorité ou du totalitarisme (cf. les écrits d’H. Arendt). Parmi les totalitarismes institués par les factions oligarchiques généralement au pouvoir, il faut compter la dictature de l'économie.- l'Etat, comparé à une entreprise, est "géré" comme une entreprise, et licencie également ses sujets de toute souveraineté politique. Les richesses augmentent, mais l'inégalité de leur répartition est instituée, au profit de certains, et au détriment de la collectivité. Ce qui coupe la "politique politicienne" des peuples, c'est l’alliance des politiciens avec l'intérêt - économique - de factions particulières. Contre cette faillite de la politique, et contre sa réduction à la défense d'intérêts économiques, que propose-t-on ? Rien. Nécessairement, puisque la notion même de politique est oubliée. Il restera à tirer les conséquences de "la loi du plus fort" qui tient lieu de bien public : cette situation est-elle tenable ?
DEBAT : DEMOCRATIE ET INTERNET
L'internet constitue un formidable outil d'information, de communication et d'expression. Dans nos pays, la grande majorité des entreprises ou des institutions possèdent un site internet. De plus en plus de citoyens disposent aussi d'une adresse de courrier électronique. Les relations humaines via le net s'intensifient et se développent, au-delà des distances et des frontières. L'accès à l'information est devenu facile et rapide. Les mouvements contestataires, les altermondialistes utilisent aussi largement l'internet pour l'échange d'information comme pour la mobilisation. Grâce au web, la capacité de réaction face à un événement s'est décuplée. L'organisation d'une manifestation passe désormais par le courrier électronique. Les débats d'idées font l'objet de forums où tout un chacun peut exprimer sa pensée, défendre ses positions. Certains voient même dans l'internet la possibilité de développer une nouvelle forme de démocratie : la démocratie virtuelle ou e-démocratie. Mais quelle est la portée et quelles sont les limites de la démocratie virtuelle ? Howard Rheingold, grand usager du web et auteur de l'ouvrage intitulé " la communauté virtuelle " , écrit ceci : Lorque vous cherchez un titre d'ouvrage, vous devez penser à quelque chose de court et d'évocateur du style " La communauté virtuelle " même si un autre titre eût été plus adapté. Par exemple: " Ceux qui utilisent un ordinateur pour communiquer se font des amis qui parfois deviennent la base de communautés. Mais il faut être prudent et ne pas croire que le fait d'écrire des mots sur un écran remplace une communauté réelle. " Cet espèce d'avertissement introduit parfaitement la question des ouvertures offertes mais aussi des limites de la toile géante. Le net permet d'inclure dans le débat politique des gens qui, autrement, en seraient exclus (personnes isolées socialement ou éloignées géographiquement). Au sein des forums de discussion, chacun peut intervenir, sans distinction de quelque nature que ce soit et sans hiérarchie. De nouvelles solidarités peuvent se créer et les communautés virtuelles peuvent jouer un rôle actif dans la démocratie par le biais d'échanges virtuels. Le net favorise aussi la démocratie grâce à la diffusion d'informations. Il peut par exemple aider à contourner un certain nombre de lois arbitraires ou de censures. Enfin, on peut aussi imaginer l'organisation de consultations de la population par le biais d'internet. Mais attention, internet est un outil de communication et il peut être bien ou mal utilisé. Qui contrôle l'information sur internet ? Et dans quel but ? L'anonymat, garant de l'expression de tous est aussi de nature à favoriser les abus ou les manipulations. Et comment l'e-démocratie pourrait-elle remplacer la démocratie traditionnelle alors qu'elle ne passe par par une des étapes essentielles du fonctionnement démocratique : le moment de délibération ? article su site http://www.cnapd.be
Internet : un bienfait ou un danger pour la démocratie ?
Quelques dates clés 1969 : Création par le Département américain de la défense d’un réseau reliant plusieurs gros centres de calcul et des systèmes radio et satellites : Arpanet. Ce serait l’ancêtre d’Internet. Les années 1980 : Arpanet voit son intérêt stratégique faiblir avec la fin de la guerre froide. Les chercheurs et les universités se dotent de réseaux personnels qui s’interconnectent progressivement. Il devient alors possible d’atteindre un ordinateur de n’importe quel réseau depuis un autre ordinateur à partir du moment où il est connecté à un réseau. 1989 : Un chercheur du CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire) à Genève met au point un nouveau mode de communication permettant de faire des liens hypertextes. C’est l’apparition du web qui utilise l’HTML ( Hyper Text Markup Language). Fin novembre 1999 : Manifestation anti-mondialisation à Seattle. Elle a été organisée via le Net permettant ainsi la coordination internationale des participants. 20 novembre 2000 : Condamnation de Yahoo ! par le tribunal de grande instance de Paris parce que ce portail permet d’accéder à un site d’enchères où étaient en vente des objets glorifiant le nazisme. Il devra filtrer l’accès des internautes français à ces services. 23 avril 2005 : En France, le rapport annexé à la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école prévoit que le B2i (Brevet informatique et internet), créé par l’Éducation nationale en novembre 2000, soit intégré au brevet et au baccalauréat. Quelques pistes de réflexion Internet peut favoriser le développement de la démocratie * Il est né du souci de communiquer plus facilement, plus rapidement et à moindre coût. Il constitue donc un lieu de débats et permet, par le courrier électronique et la multiplication des forums, de confronter les points de vue et d’échanger des informations. * Il contribue à une meilleure information des citoyens et à une plus grande transparence de l’action publique, par exemple par la diffusion d’informations administratives par le Net, de données publiques, des programmes politiques des partis... * Il favorise une interaction plus grande entre les gouvernants et les gouvernés. Les courriers électroniques permettent de faire connaître aux élus les attentes et les réactions de leurs administrés. On peut imaginer qu’Internet pourrait être un outil pour participer au processus législatif par les forums ouverts au Parlement et l’envoi aux parlementaires de propositions d’amendements. D’ailleurs, lors de l’élaboration du projet de constitution européenne par la Convention sur l’avenir de l’Europe (février 2002-juillet 2003), un forum ouvert aux organisations représentant la société civile leur permettait de verser leurs contributions aux débats. * Il favorise par certains aspects les actions collectives permettant à des individus isolés, mais partageant les mêmes idées, d’entrer en contact et de se mobiliser. Internet peut présenter des dangers pour la démocratie * La "fracture numérique". Son utilisation est encore réservée à une élite, une minorité de la population, aux niveaux de revenus et de formation élevés, s’y connectant régulièrement. Des efforts sont fournis par les gouvernements, les fournisseurs d’accès et les fabricants d’ordinateurs pour élargir le public d’internautes. Mais, ces initiatives concernent surtout les pays développés. Ainsi, en France, la création du B2i en novembre 2000 a permis de davantage familiariser les enfants aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Le B2i de niveau 1 figure dans les programmes de l’école primaire depuis 2002. Le rapport annexé à la loi d’orientation et de programme sur l’avenir de l’école prévoit de l’intégrer au brevet et au baccalauréat. Mais, de nombreux pays non développés sont délaissés par le Net. * Internet porte atteinte à la protection de la vie privée. Ainsi les cookies, véritables "mouchards" déposés lors de la fréquentation d’un site, livrent un certain nombre de renseignements, dans un but commercial, concernant l’internaute et ses habitudes. Internet peut aussi être le support à la diffusion d’informations fausses ou diffamantes à l’égard d’un individu. * Internet peut être le support d’actions ou d’idées en contradiction avec les fondements de la démocratie. Des sites propageant des idées négationnistes ou racistes y sont accessibles. De même, les cookies pourraient être exploités afin de connaître les opinions politiques des citoyens à travers leurs consultations de sites. Du côté des entrepreneurs privés ou des autorités, il y a le risque d’une société de surveillance : dans certains pays, comme la Chine ou Singapour, les autorités bloquent l’accès à des sites jugés nuisibles, c’est-à-dire pro-occidentaux, etc. De la démocratie représentative à la démocratie participative ? * Internet pourrait répondre à la crise de la représentation qui se manifeste notamment par une abstention électorale croissante. Il favorise la mobilisation des citoyens sur toutes sortes de questions importantes, sans médiation des institutions et des organisations politiques : pétitions (par exemple contre la peine de mort aux États-Unis), forums de discussion en ligne (chat), appel à manifestation (ex. à Seattle). Il convient cependant de s’interroger sur la régularité et la représentativité de ces pratiques érigées en un système, qui serait susceptible de favoriser le populisme et la démagogie. * Internet pourrait compléter la démocratie représentative en corrigeant ses insuffisances par une dimension plus participative, sans en altérer les fondements. On pourrait envisager des votes électroniques déjà testés dans certains pays. * Attention à l’illusion que pourrait représenter l’e-démocratie. L’offre d’espaces de liberté supplémentaires aux citoyens n’induirait pas la modification des structures de pouvoir. Dans le cas de la mondialisation, si Internet peut sembler en contester les effets, il en est un des vecteurs principaux. * Enfin, il ne faudrait pas qu’Internet soit un média sans contrôle démocratique. Internet, en s’affranchissant des frontières, pose le problème du contrôle des serveurs et des sites. Les juridictions nationales peinent à imposer leur verdict et les législateurs à suivre le rythme des évolutions technologiques. Exemple concret Le rôle de la CNIL Il existe cependant des institutions nationales qui tentent de réguler le système, notamment pour le prémunir contre les atteintes à la vie privée ou à la liberté individuelle. Ce rôle revient, en France, à la Commission nationale informatique et libertés (la CNIL), créée par la loi du 6 janvier 1978, qui doit ainsi vérifier le respect des droits de chacun : droit à l’information préalable en cas de constitution d’un fichier, droit d’accès aux informations individuelles, droit de rectification des erreurs, etc. Elle dispose de moyens juridiques puissants en cas d’infraction, mais qui restent limités aux frontières nationales
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Les règles ou les principes qui régissent les modes de consultation des populations sont les éléments clef qui caractérisent toute démocratie. « La démocratie c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Périclès, repris par Abraham Lincoln).
- Dans une démocratie l'ensemble des citoyens (sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe « un homme ou une femme (humain majeur) une voix »
- Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qu'est une démocratie ou ce qu'elle n'est pas. Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les régimes européens, qui pratiquaient la colonisation, se considéraient comme des démocraties, de même que les États-Unis qui pratiquaient l'esclavage puis la segregation
. Les services secrets de nombreuses démocraties échappent à tout contrôle parlementaire. Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (par exemple l'ONU), on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. Il est néanmoins d'usage de considérer qu'une véritable démocratie doit respecter ces cinq critères (souvent appelé droits politiques) :
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- Choix des dirigeants exerçant le pouvoir par le biais d'élections libres ;
- Existence d'une opposition politique organisée, libre qui peut s'exprimer ;
- Existence d'un système judiciaire jugeant sur la loi ;
- Avoir connu au moins deux alternances (ce qui prouve « après coup » qu'il s'agissait d'une démocratie) ;
- Existence des unités de média indépendantes et libres.
- Par extension cette forme de gouvernement d'un pays qualifie aussi certaines façons de gouverner toute société humaine, organisme public ou privé, associations, entreprises, familles, etc.
- Outre le principe de base « un homme une voix », des principes analogues sont associés à la notion de démocratie : liberté de parole et par extension liberté de la presse, multipartisme, respect d'une liberté de base du citoyen, égalité devant la loi, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus, atténuation des écarts de richesse par l'impôt (souvent nommé droits civils). Généralement tous ces principes sont des exigences reconnues dans la culture occidentale et considérées comme universelles. Mais des exigences venant d'autres cultures pourraient modifier ces perceptions à l'avenir avec la généralisation des régimes démocratiques dans d'autres cultures.
- La démocratie est une ligne d'horizon politique, un idéal, vers lequel tendent des méthodes de gouvernement. Dans les faits, aucune démocratie n'est complètement démocratique car ce type de gouvernement suppose une honnêteté sans faille des forts vis-à-vis des faibles, la condamnation de tout abus de pouvoir.
- On constate cependant que toute démocratie se forme autour de 3 principes :
- Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
- Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
- Justice : afin que l'application des décisions se fasse avec le plus de Justice possible.
Ainsi un état qui possède un parlement effectif et un gouvernement qui applique les décisions avec mesure est une démocratie. De même un village avec une assemblée d'anciens et un chef qui applique les décisions avec "justice" est aussi une forme de démocratie.
Comptabilisation des démocraties [modifier]
Cette carte montre les gouvernements se réclamant (ou non ) de la démocratie,
juin 2006.
██ Gouvernement se déclarant démocratique et permettant l'existence de groupes d'opposition, du moins en théorie.
██ Gouvernements se déclarant démocratique mais ne permettant pas l'existence de groupes d'opposition.
██ Gouvernements ne se revendiquant aucunement en tant que démocratie.
Dans un rapport qui fait autorité en la matière, Guerre et paix au XXIe siècle[1], le Human Security Center[2] a, en 2005, opéré une classification neutre entre les régimes (dans le but de démontrer le rapport entre sécurité humaine et démocratie, entre autres). Ils déterminent trois catégories de régimes :
- démocraties ;
- anocraties (régimes en transition ou aux institutions instables) ;
- régimes autoritaires.
Pour définir les démocraties, comme tous les régimes ont des critères différents (afin, la plupart du temps, de se revendiquer en tant que démocratie), ils retiennent un faisceau d'indices établissant un "polity score", qui traduit la qualité des institutions et des processus politiques. Ce sont en particulier :
- la manière dont est recruté l'executif (élection, nomination, pouvoir héréditaire, liberté des électeurs...) ;
- moyens de contrôle sur l'action de l'executif (autres pouvoirs : législatif et judiciaire...);
- la manière dont est traitée la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse ou l'opinion publique...).
Selon ces calculs, en 2005, il y avait 88 démocraties dans le monde (les pays inférieurs à un demi million d'habitants n'étant pas comptabilisés), sachant que l'ONU reconnaît 195 États aujourd'hui. Cela est un net progrès vis-à-vis de 1946, où il n'y en avait que 20[3]. Ce progrès est dû notamment à la fin de la Guerre froide (démocratisation des pays de l'Europe de l'est) et à la démocratisation du continent sud-américain depuis la fin des années 1980.
Représentativité [modifier]
- Un degré de démocratie se mesure : en considérant notamment qui en est exclu.
- Une démocratie évolue dans le temps : ainsi la France de 1938 était une démocratie, mais les femmes ne pouvaient pas voter. En 1944 les femmes votaient, mais pas les habitants des colonies. En 1958 certains habitants des colonies votaient, mais pas les français musulmans d'Algérie. Maintenant tout le monde vote.
Polymorphisme de la démocratie [modifier]
Il y a certainement autant de formes de démocratie que d'organisations sociales qui se veulent être démocratiques. L'idée même de "démocratie" est peut-être dans ce polymorphisme.
La démocratie états-unienne, souvent taxée de "dictature de la majorité", est aussi la possibilité pour un simple citoyen d'affronter l'État en justice. Le cinéma a rendu célèbre Monsieur Smith (joué par James Stewart dans Mr. Smith au Sénat ou en version originale "Mr. Smith Goes to Washington") plaider au Sénat.
"L'imperfection pousse au progrès", disait Flaminio Bertoni. La Constitution des États Unis est faite d'une suite de perfectionnements dans des procès en justice par des citoyens ou groupes de citoyens contre le gouvernement. Tel est le "Cas korematsu" pour l'injustice envers une catégorie de citoyens. (en)http://en.wikipedia.org/wiki/Korematsu_v._United_States
Ce régime implique :
- le principe d'une liberté, comme celle d'expression, de pensée, de rassemblement, de religion, etc. (même si elle est réglementée),
- le principe d'égalité, en particulier l'égalité politique des citoyens, mais ce régime fonctionne mieux lorsque ses citoyens, par le biais de l'instruction, acquièrent également les connaissances de base nécessaires à l'accomplissement de leurs devoirs civiques (égalité sociale).
Ces deux principes ne peuvent en aucun cas s'exclurent l'un l'autre, il faut qu'ils soient tous deux présents. Mais les démocraties peuvent mettre l'accent plus sur l'un ou sur l'autre.
Par exemple, pendant la Guerre froide,
- le bloc de l'Ouest mettait l'accent sur la liberté ;
- le bloc de l'Est mettait l'accent sur l'égalité.
Chacun des deux blocs déniait à l'autre le caractère de démocratie. Ainsi, pour les États-Unis, l'URSS ne respectait aucune des libertés les plus fondamentales (presse, opinion, religion...) et pour l'URSS, les États-Unis n'instauraient aucune égalité entre ses citoyens (apartheid jusque dans les années 1960 ; mouvements féministes dans le même temps également).
L'égalité politique [modifier]
En général, on assimile cela au principe « une personne = une voix ». Ce principe est généralement considéré comme le fondement de la démocratie, et même opposé par Galbraith au système économique (où 1 euro = une voix).
Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu, il n'est que peu souvent appliqué, car son usage serait pour certains
- pas très efficace : même s'il était techniquement et économiquement possible de consulter la Belgique entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l'intérêt national y gagne quelque chose.
- dangereux pour les minorités.
L'égalité peut aussi se mesurer à l'importance que l'objet de la décision politique a réellement pour les votants.
Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la solution généralement employée est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation de l'échelon pertinent :
- ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ;
- ainsi les habitants d'une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » ;
- etc.
Pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, CPE, implantation d'une usine d'incinération, d'un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun souhaitant protéger ses intérêts personnels avant ceux des autres. Ces problèmes prennent du temps à être résolus, et subissent parfois des rapports de forces et d'inégalité de la part d'un parti ne tenant pas à respecter le choix des autres.
Plus grave, même si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et finalement une décision est prise, et la minorité doit subir le choix de la majorité, au mépris du principe affiché. Mais c'est également le cas pour les autres systèmes politiques existants et la solution est de tolérer la décision des autres face à la sienne.
Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation : c'est le modèle hollandais dit modèle des polders.
La démocratie est un système qui demande à chacun d'être ouvert et de discuter de ses arguments avec ses opposants pour conclure sur une solution équitable pour les deux "camps".
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
- exprimer son opinion, ou s'informer si l'on manque d'éléments pour en avoir une ;
- respecter l'expression des autres opinions (ce qui n'oblige nullement à respecter ces opinions elles-mêmes).
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».
La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.
- Tout système politique est un système de pouvoir qui comporte des exclusions et des différenciations ; la démocratie n'est donc pas nécessairement absolue…
Une démocratie comme la démocratie athénienne avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.
- La démocratie ne prétend pas garantir que le candidat qui sera élu sera le plus apte à bien diriger le pays (aucun système, à vrai dire, ne le prétend). Elle garantit en revanche que nul ne sera appelé au pouvoir sans avoir fait l'effort de convaincre la population du bien-fondé de son programme, et y être en partie parvenu. La démocratie apparaît donc comme une forme particulièrement efficace de non-violence en action.
Typologie des démocraties [modifier]

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On oppose traditionnellement deux formes de démocraties : la démocratie directe et la démocratie représentative. Il existe cependant des régimes mixtes.
Démocratie directe [modifier]
Dans la démocratie directe, le pouvoir est exercé directement par les citoyens, qui s'assemblent et établissent les lois.
Voir l'article sur la démocratie directe
Démocratie représentative [modifier]
Dans la démocratie représentative, des intermédiaires sont nécessaires. Les citoyens élisent des représentants qu'ils chargent d'établir les lois.
Voir l'article sur la démocratie représentative
Systèmes mixtes [modifier]
Démocratie semi-directe [modifier]
Les démocraties semi-directes empruntent aux deux formes de démocraties.
Les citoyens élisent des représentants qu'ils chargent d'établir les lois, mais les citoyens peuvent aussi être amenés à faire des lois par référendum (ou les refuser).
C'est le cas, par exemple, en France ou en Suisse ; plus en Suisse, où le référendum est la norme, qu'en France, où le référendum reste exceptionnel.
Article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 (France) : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants [démocratie représentative] ou par la voie du référendum [démocratie directe].
Le référendum peut prendre plusieurs formes : il peut s'agir d'un référendum législatif ou constituant (qui sont les deux formes les plus utilisées). L'initiative du référendum appartient alors aux institutions représentatives. Dans certains cas, cependant, il existe également un référendum d'initiative populaire, ce qui est le cas en Suisse ou en Italie par exemple. Comme son nom l'indique, l'initiative appartient alors aux citoyens.[4]
En France, depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, même si cette initiative populaire n'existe toujours pas formellement, il est possible de la distinguer au travers de l'articulation de deux articles de la Constitution. Il s'agirait alors pour les citoyens de faire usage de leur droit de pétition (article 72-1 alinéa 1), puis de voter sur cette réforme locale au travers du référendum local (article 72-1 alinéa 2). Il n'est donc pas exclu "que la pétition ait pour objet de demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de la question de l’organisation d’une consultation des électeurs" sur un sujet précis relevant de la compétence d’une collectivité territoriale.[1]
Néanmoins, il faut remarquer que le droit de pétition a été très encadré (notamment par les maires refusant la consécration du droit d'initiative locale, qui aurait empiété sur leurs fonctions).[5]
Démocratie participative [modifier]
Dans la démocratie participative, les citoyens sont associés aux décisions prises par les représentants, dès l'élaboration et jusqu'à leur application. Divers moyens sont alors utilisés pour cela.
Voir l'article sur la Démocratie participative
Les enjeux de la démocratie [modifier]
La démocratie est-elle le moins mauvais des systèmes politiques ? [modifier]
La démocratie est-elle la panacée ? Oui, certainement, mais peut être n'est-elle pas utilisée à bon escient.
La démocratie nous est souvent présentée comme le système politique absolu, le meilleur des systèmes. Il ne pourrait donc par essence, ni être amélioré, ni dépassé. Pourtant des améliorations ou des retours à des pratiques anciennes sont toujours possibles. Il en est ainsi de la stochocratie (désignation des représentants du peuple par le sort) : « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l'aristocratie. Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie. » Montesquieu - Esprit des lois
« Il est démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort, et oligarchique qu'elles soient électives » Aristote - Les Politiques IV, 9, 4 Traduction: Pierre Pellegrin - Garnier-Flammarion
Il semble qu'aucun régime politique ne fonctionne correctement sans que celui ou ceux qui sont au pouvoir ne fassent preuve d'une grande conscience de leurs responsabilités. Aucun système juridique ne peut garantir cela. Un roi peut être plus honnête avec le peuple que 500 députés ou 5 millions de conseillers municipaux. Mais un régime où tous les citoyens peuvent réagir contre les abus de pouvoir, comme dans une démocratie, devrait théoriquement conduire plus sûrement à des comportements politiques acceptables par tous.
Démocratie et démagogie [modifier]

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L'idée reçue « Démocratie et République sont liées » [modifier]
Une république est une forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir et la puissance ne sont pas détenus par un seul homme et dans lequel la fonction de chef de l’État n’est pas héréditaire (définition du Robert). Ainsi la république n'induit pas forcément la démocratie, de même qu'il existe des régimes démocratiques non républicains.
Exemple : la IIIe République – à ses débuts – bien que « république » et ayant une apparence démocratique (droit de vote pour les citoyens, etc.) conservait en fait le pouvoir entre les mains de personnes appartenant à une certaine couche de la société par le suffrage censitaire. Il s'agissait donc d'une ploutocratie.
De même, nombreux sont les pays considérés comme démocratiques à avoir conservé le système monarchique, par exemple la Belgique, l'Espagne, le Danemark, le Royaume-Uni, la Suède, etc. Il ne s'agit plus de monarchie absolue, mais de monarchie constitutionnelle assortie d'un parlement élu et d'un gouvernement approuvé par ce parlement. Des monarchies qui ressemblent comme deux gouttes d'eau aux républiques voisines.
L'idée reçue « Démocratie et Droits de l'Homme sont liés » [modifier]
Bien que souvent liés voire confondus, les termes de « démocratie » et de « Droits de l'Homme » renvoient à des définitions qui ne sont pas identiques :
Les droits de l'homme sont des principes selon lesquels, dès lors qu'un individu appartient à l'espèce humaine, il jouit d'un certain nombre de droits. Cette notion date du XVIIIe siècle et de l'époque des Lumières, (dont peu de représentants ont dénoncé l'esclavage, comme l'a pourtant fait Diderot).
La démocratie est une idée beaucoup plus ancienne datant de l'Antiquité grecque (cf. Athènes): or, si Athènes, à une certaine période de son histoire, a certes été une démocratie (sélective), la notion de Droits de l'Homme y était en revanche absente, bien que des critères de bonne conduite en aient partiellement tenu lieu.
De nombreuses démocraties acceptent de respecter les Droits de l'homme sur leur territoire, mais peuvent décider, souvent de façon démocratique, de les bafouer dans un contexte précis. En effet, les droits de l'homme faisant partie des lois d'une démocratie, le parlement (ou un référendum) peut souvent en modifier la portée.
La notion de droit de la majorité est aussi parfois un obstacle au respect des droits des minorités. (Voir chapitre « La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité »).
L'idée reçue « La démocratie et l'État de droit sont liés » [modifier]

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Toute démocratie est un État de droit, mais tout État de droit n'est pas une démocratie[6].
L'idée reçue « La démocratie est toujours la volonté du peuple ou de sa majorité » [modifier]
En 1917, la Suède a fait la transition du régime mi-monarchique mi-parlementaire selon la constitution de 1809 au régime purement parlementaire, c'est-à-dire que le devoir du roi est de choisir comme chef du gouvernement le chef du parti ou de la coalition qui a la majorité absolue ou relative des parlementaires, ou bien la confiance du parlement.
Or, cette réforme était soutenue par les bourgeois et les ouvriers, qui étaient une minorité, mais reçut l'opposition de l'armée et des agriculteurs, qui étaient alors la majorité. Parce que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas participé aux protestations, la réforme a eu lieu. Aucun d'entre eux n'avait exprimé la volonté des bourgeois et des ouvriers, mais la majorité resta silencieuse et sa volonté la plus vraisemblable ne fut pas respectée.
En tenant compte de la section suivante, on peut noter qu'avant 1917 la Suède était déjà un Etat de Droit, et que des régimes parlamentaires après, à partir de 1935, ont supprimé à certaines périodes des droits importants des minorités lappones et manouches par des législations d'Eugénisme (voir Position des pays anglo-saxonnes, scandinaves et c).
L'idée reçue « La majorité a toujours raison » [modifier]
Mais on doit remarquer que la notion absolue de majorité peut ouvrir la porte à de très graves abus. Le génocide au Rwanda par exemple a été conduit par une majorité contre une minorité diabolisée et présentée comme agent de l'étranger. Ce génocide fut imposé à la population comme un service public. Plusieurs citoyens civils et militaires français et belges, ont rapporté, après coup, devant leurs parlements, les nombreux signes avant-coureur de la préparation du génocide. Incontestablement il y eu disfonctionnement démocratique, sur plusieurs décennies, aussi bien au Nord qu'au Sud dans cette affaire. Ce dysfonctionnement fut couronné par la façon dont les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont majoritairement évité le plus longtemps possible d'employer le mot génocide à propos des événements du Rwanda.
D'une manière générale, le respect des minorités et des droits de l'homme sont une exigence démocratique parfois difficile à faire admettre à des régimes majoritaires, mais peut devenir paradoxalement une préoccupation majoritaire, lorsque les citoyens dépassent leurs intérêts propres pour envisager des intérêts partagés. Une majorité est faite de minorités solidaires.
Démocratie et société [modifier]
Démocratie et violence [modifier]

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Au niveau externe, une opinion répandue est que deux démocraties ne se font pas la guerre (loi de Doyle). Si elle possède un fond de vérité (les citoyens sont en général peu enclins à la guerre, dont ils peuvent rarement espérer un profit personnel), l'histoire la dément :
- le Royaume-Uni a attaqué plusieurs fois des pays démocratiques : États-Unis en 1812, Danemark lors des guerres napoléoniennes, Finlande lors de la Seconde Guerre Mondiale.
- la jeune République française lança un ultimatum à la République de Venise et abolit totalement celle-ci sous la menace des troupes du général Napoléon Bonaparte ;
- le Pérou a participé à deux reprises à des guerres frontalières contre des pays limitrophes tout aussi démocratiques que lui.
- lors de la Guerre de Sécession, le Nord comme le Sud des État-Unis d'Amérique se considéraient comme des démocraties.
- en juillet 2006, Israël lança une guerre contre le Liban.
Néanmoins, dans la majorité des exemples, les régimes se déclaraient démocratiques, sans que pour autant en pratique ils le soient, même s'il faut nuancer cette position car les vainqueurs n'ont pas non plus à écrire l'histoire.
Ainsi, on pourra répondre pour le second cas, que la République de Venise était oligarchique et point démocratique, pour le quatrième que des questions constitutionnelles ou morales justifiaient cette guerre (voir cependant Jorge Luis Borges).
Au niveau interne, une démocratie est, par nature, moins à même de se défendre contre les violences, tant parce que les méthodes employées pour réguler les violences sont nécessairement elles-mêmes moins violentes que parce que l'égalité entre les citoyens entraîne une contestation permanente de l'autorité.
Démocratie et économie [modifier]
L'idée reçue « La démocratie est un luxe de pays riches » [modifier]
La démocratie est une organisation assez coûteuse, qui ne pourrait apparaître, ou se maintenir, que dans des pays où une majorité de la population est dégagée des besoins de survie. Non seulement deux pays parmi les plus pauvres de la planète, le Mali et le Niger, sont des démocraties, mais la première démocratie de la planète (en nombre d'habitants) est un pays du tiers monde : l'Inde.
En revanche, la régression économique d'une société, même temporaire, peut s'accompagner d'une disparition de la démocratie, une partie de la population accordant temporairement plus d'intérêt à la restauration de son niveau de vie qu'à la liberté dans la pauvreté. Le processus n'est cependant pas toujours réversible sans effusion de sang.
L'idée reçue « La démocratie permet à un pays de s'enrichir » [modifier]
Le fait que certains pays sont pauvres parce qu'ils ne sont pas démocratiques, et que l'introduction de la démocratie dans ceux-ci leur permettrait de s'enrichir, est également un mythe : la pauvreté du Mali montre que la relation n'est pas absolue. Néanmoins, les IDH du Mali et du Niger ont fortement progressé depuis la restauration de la démocratie.
Toutefois, des éléments inutiles au corps social peuvent théoriquement perdurer plus facilement dans un pays non démocratique, dès lors qu'ils flattent les puissants, puisque ces derniers n'ont alors aucune sanction populaire à craindre. L'absence de démocratie peut donc constituer un obstacle supplémentaire au développement.
A contrario, on peut dire qu'un pouvoir énergique, entreprenant et décideur, travaillant sur le long terme et donc non lié aux échéances des élections, est un facteur de poids dans la relance de l'économie d'un pays. On peut prendre comme exemple le développement de l'URSS entre la Révolution russe et laSeconde Guerre mondiale, ou bien le développement de la Chine à l'aube du XXIe siècle.
Par contre, la démocratie est un système permettant de sanctionner les décideurs, et donc peut inciter un gouvernement à rechercher en permanence le bien-être de ses citoyens, qui passe entre autres pas un bon développement économique.
- Χρωμεθα γαρ πολιτεια… και ονομα μεν δια το μη εσ ολιγουσ αλλ' εσ πλειονασ οικειν δημοκρατια κεκληται.
- (« Notre régime politique… a pour nom démocratie parce que, dans l’administration, les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité. »)
- — Périclès, discours rapporté par Thucydide —
- Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs (…). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autres lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organisé aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible.
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- — Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique —
- L'amour de la démocratie est celui de l'égalité.
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- — Montesquieu -
- Democracy is the worst form of government, except for all those other forms (« La démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres »).
- The best argument against democracy is a five-minute conversation with the average voter (« La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen »).
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- — Winston Churchill —
- La démocratie réclame un peuple de dieux ! ou S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.
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- — JJ Rousseau —
- Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie ; de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible.
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- — Platon, La République —
- Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s'emparera, un jour ou l'autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour le garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin.
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- — Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu —
- J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, ça revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple.
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- — Cornelius Castoriadis —
- Si un homme instruit, au terme de trente ans de travail, arrive à déterminer le système social parfait et que la compréhension de celui-ci demande plusieurs mois à des hommes aussi instruits que lui, je lui souhaite bien du plaisir pour arriver à le faire ratifier par un vote du peuple !
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- — Ernest Renan —
- Renoncer à la lutte pour le socialisme, c'est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même
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- — Rosa Luxemburg —
- Ce qui attire vers cet avenir confus, intellectuels, petits-bourgeois, employés, chômeurs, c'est qu'ils sentent dans le parti qui le leur promet, une force. Cette force éclate partout, dans les défilés en uniforme, dans les attentats, dans les avions employés pour la propagande ; et tous ces faibles vont vers cette force comme des mouches vers la flamme.
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- — Message à propos du régime hitlérien, écrit par Simone Weil rentrant d'un voyage en Allemagne, dans la revue « L'école émancipée » le 18 décembre 1932 —
- La dictature impose à ses contestataires le silence. La démocratie se contente de leur dire "Cause toujours!"
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- — Auteur inconnu. Repris sous des formes voisines par divers chansonniers, puis fantaisistes — Michel Audiard avait fait une variante : "La dictature c'est "ferme ta gueule !", la démocratie c'est "cause toujours !".
- La démocratie, c'est le pouvoir donné aux poux de manger les lions.
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- — Georges Clemenceau —
- La démocratie c'est pas : "5 minutes pour les juifs et 5 minutes pour les nazis" ; la démocratie c'est : "on vire les nazis, et après on peut discuter".
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- — Jean-Luc Godard —
Version anglaise [modifier]
Le sommaire de l'article "en:Democracy" dans la WP anglaise est le suivant (les liens cités ici portent sur des points non développés dans l'article en français) :
1.Démocratie directe et démocratie représentative.
2.Histoire (Histoire de la démocratie)
- point de vue marxiste et socialiste
3.Théorie
4.Critique Pierre-Joseph Proudhon : les décisions de la majorité n'engagent pas les minorités.
5.Au-delà de l'état : ONG, actionnaire, syndicat, coopérative
Version espagnole [modifier]
Le sommaire de l'article "Democracia" dans la WP espagnole est le suivant (les liens cités ici portent sur les points non développés dans l'article en français) :
1.Origine (démocratie sociale)
2.la démocratie dans le(s) monarchie constitutionnelle et dans le socialisme réel. (démocratie populaire)
3.Histoire (la ligue démocratique et constitutionnelle des Iroquois (Haudenosaunee), le protestantisme, l'école de Salamanque, les Révolutions bourgeoises es:Revoluciones burguesas)
4.La culture démocratique ("la culture démocratique a rarement été suffisante pour entraîner une transition de la dictature vers la démocratie en l'absence d'une tradition politique et d'une formation progressive des institutions")
5.Arguments favorables et contraires
- l'ignorance populaire (le citoyen, la technocratie, l'abstention)
- la tyrannie de la majorité (exemples variés, la séparation des pouvoirs, "la tyrannie de la majorité est préférable à la tyrannie d'une minorité")
- stabilité politique et guerres (entre 1816 et 1991 une étude dénombre 198 guerres entre "non-démocraties", 155 guerres entre démocraties et non-démocraties et aucune entre démocraties)
- la démocratie dans la Grèce et la Rome antique
6.Démocratie et pauvreté
7.Démocratie économique
8.Points de vue sur la démocratie
- la démocratie dans les théories anarchistes et communistes. (l'autogestion)
- Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Schoenhofs Foreign Books (23 mai 1986), collection Folio, ISBN 2070323544
- Robert Dahl, Qui Gouverne?, 1961
- Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy, Paris, 1995
- Jacques Rancière, La Haine de la Démocratie, La Fabrique, 2005
- Pierre Rosanvallon, La Démocratie inachevée, Folio Histoire, Paris, 2000
- Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social
- Jean-Michel Ducomte, La Démocratie, Les Essentiels, Milan, 2003
- Takis Fotopoulos: "The Multi-Dimensional Crisis and Inclusive Democracy", Athens 2005 [7]
- Alain Garrigou, Histoire sociale du suffrage universel en France : 1848-2000, Seuil, 2002
- Dominique Reynié, Le Triomphe de l'opinion publique : l'espace public, XVIe - XXe siècle, Odile Jacob, 1998
- Claude Lefort, L'Invention démocratique, Paris, Fayard, 1981
Francis Farrugia, La construction de l'homme social, essai sur la démocratie disciplinaire, Syllepse, 2005
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